29 janvier 2008
Tradition familiale
Tous les soirs, après le repas et le bain, il y a un rituel qui date de la toute petite enfance de Paul (il avait un mois). Il a évolué bien sûr, au lait (et oui, 2 ans presque 1/2 et toujours un peu de lait avant de dormir) et au câlin avant de s'endormir sont venues s'ajouter une histoire (on commente plus les images qu'on ne lit vraiment) et une petite prière choisie par Paul et tirée du livres "Premières Prières avec Marie". Donc dans l'ordre, lecture, prière puis on éteint la lumière et bib dans mes bras, câlin et dodo.
Chaque soir, pendant que Paul boit son biberon, je câline et je chante. Cette "tradition" date elle aussi de ses premiers mois. Quand il était pénible le soir et que je passais mes soirées (son père rentrait tard) à le porter en chantant. Tout le répertoire familial y passait: La chanson du Petit Grégoire, Jean de la Lune, Le grand Lustukru et Paul passait ainsi des heures balancé dans le Tikamak à m'écouter chanter, il ne dormait pas forcément mais était incroyablement calme (le Tikamak m'a "sauvé" la vie pendant ces premiers mois).
Quand je repense à mon enfance, je revois ma grand-mère maternelle, qui a actuellement 94 printemps, chanter ces berceuses. Ces chansons d'une autre époque qui se sont transmises d'une génération à l'autre. Quand je suis devenue maman, je me suis rendue compte que cela faisait partie (cela n'engage que moi) de l'image que j'avais de ce qui fait une maman et j'ai reproduit avec plaisir et beaucoup d'émotion ce que j'avais appris de maman et mamie. Même si je ne chante pas toujours très juste. Quand mamilyon est là, c'est elle qui se charge du rituel et qui chante, ou nous chantons toutes les deux.
C'est un des moments où je me sens le plus maman, assise avec mon fils à demi-couché sur mes genoux à chanter ces mélodies qui ont bercé ma propre enfance et que je chanterai peut-être un jour à mes petits-enfants (je l'espère).
Il fallait tirer de la quenouillette
Assez de fil blanc pour de petits draps
Il fallait tisser toute une layette
La Vierge était pauvre et n'en avait pas
Mais la bonne mère, étant par trop lasse,
Le fuseau tomba de ses doigts tendus
Son front se pencha, triste, sur l'ouvrage
Et dans son berceau gazouillait Jésus
(Adaptation familiale de la Vierge au fuseau)
28 janvier 2008
Maman auch!
Il est 10h (ou 11h) et je vais me doucher. Je demande à Paul s'il veut rester avec moi dans la SDB ou rester à jouer au salon, il décide de m'accompagner. Pendant que je me douche, on discute des parties du corps, je les nomme, il les désigne du doigt sur son corps et vice-versa. Puis, il désigne ma poitrine. Je lui dis le nom et lui dis que lui aussi, il en a. Il me répond donc "Nanan (lui) auch (aussi)". Et je confirme. Je lui explique que les siens sont petits, et il me répond "Maman auch (aussi). Euh, je suis sensée le prendre comment?!
Grande nouvelle: j'ai demonté les barreaux de son lit vendredi soir, Paul dort donc dans un lit de "grand" (70x140) et en est tout fier. Sa réaction une fois que j'avais passé une heure à démonter-remonter le lit, c'est "nein (non)". Et il me montre les barreaux. Euh, là, mon chéri, tu es bien gentil mais maintenant que j'ai tout monté, je ne vais pas tout défaire. Alors, on a fait des "essais" tous les deux et il a adopté son nouveau lit sans problème. Il me disait hier que son lit était "belle". L'idée est bonne, y a plus qu'à revoir un peu les féminins/masculins et tout ira bien!
24 janvier 2008
Le choix
C'est un sujet délicat, dont je parle sans difficulté mais rarement. Celles qui me connaissent dans la vraie vie le savent, les autres non. Je n'ai pas l'intention de lancer le débat, ce n'est pas le lieu. J'ai simplement envie de partager. Rien de plus, rien de moins non plus.
En classe de 3e, l'infirmière scolaire (une femme extraordinaire, croyante, ouverte et tellement humaine) avait discuté avec nous de l'avortement. A la fin de ce "débat", elle nous a dit ce qu'elle en pensait et ses mots remplis de tolérance résonnent encore à mes oreilles. Elle nous a dit qu'elle ne jugerait jamais une femme qui décidait de ne pas garder son enfant car elle ne savait pas dans quelle détresse psychologique et/ou matérielle elle se trouvait. Mais que pour elle (dans sa vie personnelle à elle), c'était qqch qu'elle n'envisagerait pas.
Moi, j'en étais là aussi. Quand des personnes que je connais ont fait ce choix-là, j'ai écouté, proposé de les accompagner mais je suis restée neutre car j'estimais que c'était à elles seules de prendre cette décision puisqu'elles allaient la porter à vie (dans un sens comme dans l'autre.) Ne pas juger mais se dire que cela n'était pas une "option" pour moi, puisque logiquement, cela n'arrive qu'aux autres (c'est bien connu).
Jusqu'au jour où ça m'est arrivé à moi. Au bout de 8 mois en Allemagne, je voulais changer d'air. Début janvier, j'ai quitté celui avec qui je vivais, je comptais bien changer de boulot et probablement quitter l'Allemagne. J'avais un peu de retard mais rien d'inquiétant, juste une semaine, puisque je n'ai jamais été un modèle de régularité. Mais j'avais un doute alors j'ai fait un test de grossesse et mon monde s'est écroulé. C'était le mardi 4 janvier 2005 et je revois la journée comme si c'était hier. Le test s'est révélé positif, j'ai fondu en larmes. Le papa ne faisait que répéter "Qu'est-ce que je t'ai fait" (Was habe ich Dir angetan?) étant donné qu'il était censé être stérile et qu'en toute logique on avait pris aucune précaution.
J'ai appelé au boulot, dit que j'étais malade et on est allés chez la gynéco. Cet enfant, je n'en voulais pas, c'était trés clair dans ma tête. J'avais 23 ans, je venais de me séparer, j'allais changer de boulot, ce n'était pas possible. L'écho montrait que la grossesse était entamée mais elle ne pouvait rien confirmer, c'était trop tôt, il fallait revenir. D'ici là, il fallait prendre rendez-vous au planning familial (ici, le rendez-vous conseil psychologique est obligatoire même si on est majeur).
En sortant du cabinet, on est allés boire un café et on a discuté. Je savais que lui aimerait garder l'enfant mais on savait tous les deux que la décision finale m'appartenait. Une phrase apparemment anodine a installé le doute dans mon esprit. Il m'a dit "tu sais, si on le garde, on ne sera pas seuls, j'ai ma famille ici". (Ironie du sort quand on sait ce qu'il s'est passé ensuite. C'est ma famille qui m'a soutenu: ma soeur en nous donnant des vêtements et du matériel de puériculture et mamielyon sans qui je ne m'en sortirais pas.) Mais tout à coup, je n'étais plus si sûre de moi. Je ne savais pas si c'était une catastrophe ou un miracle. Ont suivi plusieurs très longs coups de téléphone avec ma soeur, maman, deux amies. A la fin de cette première journée, les yeux rougis à force de pleurer, j'étais perdue. Je savais que quelle que soit la décision que je prendrais, elle aurait des conséquences sur le reste de ma vie. Et comme on dit en allemand, "es gibt kein Zurück mehr" (on ne peut plus revenir en arrière). Le temps m'était compté, j'en étais bien consciente.
A 15h le lendemain, j'ai dit au papa que je voulais garder le bébé et de ce moment-là, il a été attendu par toute la famille. Il m'a fallu 1 journée 1/2 pour prendre la décision la plus importante ma vie. Cet enfant, c'est Paul. Je n'ai jamais regretté ce choix.
Savoir ce que je serais devenue si j'avais décidé de ne pas le garder ne m'intéresse pas. J'aurais une autre vie, je ne me serais pas mariée avec son père à 10 jours de l'accouchement, je ne serais pas divorcée, je ne vivrais certainement plus à Hambourg, je ne me serais pas retrouvée maman solo avec un bébé de 6 mois, je serais peut-être maman mais d'un autre. Et c'est ça qui fait toute la différence, je ne serais pas la maman de Paul. Et c'est lui qui m'a fait découvrir qu'être maman me rend beaucoup plus heureuse que ce que j'avais imaginé. Rien n'arrive par hasard, j'en reste persuadée.
Il y a un peu plus de 3 ans, j'ai pris une décision qui a changé ma vie et pour une fois, j'ai décidé de laisser les clefs à la vie. Depuis, je m'occupe de gérer le quotidien, avec Paul.
23 janvier 2008
Une vocation tuée dans l'oeuf...
Parce que sa maman n'a pas l'âme artistique et qu'elle n'a pas vraiment apprécié son oeuvre d'hier. Pourtant petit Paul avait utilisé à des fins artistiques les quelques minutes pendant lesquelles sa maman l'avait laissé seul à dessiner SUR sa petite table avec ses crayons gras et un cahier.
Elle l'a retrouvé SOUS la table du salon 2 crayons à la main en train de refaire la déco du parquet qui était trop uni à son gôut. Bizarrement, la symphonie de rouge n'a pas plus à maman qui a même osé dire que c'était une bêtise et s'est empressée de nettoyer son oeuvre d'art.
Un artiste incompris, j'vous dis!
21 janvier 2008
Crise de cogitation aigüe
Paul n'a que 2 ans (presque 1/2) mais c'est une question qui me turlupine depuis un moment et j'ai régulièrement des phases de "crise aigüe". Dans quelle école primaire vais-je bien mettre mon loulou? Et accessoirement, où va-t'on habiter?
Cela va faire 2 ans que je vis seule avec lui et vu le calme plat (pour ne pas dire autre chose) de ma vie sentimentale, il me faut cogiter seule et ce n'est pas le plus simple. Pour son père, le plus près sera le mieux: il préfère Hamburg à Lyon (+1200km), Düsseldorf(+400km) à Saarbrücken (+690km). L'idée initiale était de vivre en Allemagne et de le scolariser à la française: maternelle allemande ou française mais lycée français dès le CP afin qu'il apprenne à lire dans MA langue et que je puisse le suivre dans ses devoirs. Mais (ben oui, forcément, il y a un mais), le lycée français est très cher, les horaires pas pratiques du tout (école jusqu'à 13h15 voir 15h en primaire) et il est à l'autre bout d'Hambourg.
Après avoir tourné le problème dans tous les sens dans mon pois chiche, j'ai trouvé 3 solutions. 2 à Hambourg et 1 à Lyon qui me plaît moins. Parce que l'idée de retourner à Lyon, malgré tout ce que j'ai pu dire l'année dernière (moi, une girouette?!) ne me satisfait pas. Parce que même si je râle régulièrement (je ne suis pas Française pour rien), ma vie ici me plait, j'ai trouvé un rythme, je suis plutôt fière de moi (fière de m'en sortir pas si mal que cela, seule avec mon loulou) et que si on y retourne, ce n'est pas simplement parce qu'on se rapproche de papy et mamie et que je ne trouve pas de solution pour l'école. Et même si j'aimerais bien me rapprocher de la frontière, et bien, je me compliquerais la vie car même si son père ne m'aide pas beaucoup, le peu qu'il est là, cela m'aide quand même (le prendre le dimanche aprèm) et me retrouver seule ailleurs (seule pour quand il est malade alors qu'actuellement on peut essayer de s'arranger son père et moi), cela ne le fait pas trop. Parce qu'au bout de presque 4 ans, je me suis fais quelques copines. Cela a pris quasiment 4 ans car les Allemands du Nord sont un peu "froids" (cela doit être le climat) mais cela commence à porter ses fruits. Recommencer ailleurs? Oui, mais pas seule avec petit Paul. En couple (je rigole doucement...), pourquoi pas.
En bref, voilà les 3 solutions:
1) On rentre à Lyon, Paul va dans une école "classique" et je m'arrange d'une façon ou d'un autre pour qu'il continue l'allemand ou au lycée international afin qu'il soit en classe bilingue (je préfère l'école classique, moins de "pression" sur un bout de chou et le lycée international, c'est à partir du CP, pas avant).
2) On reste à Hambourg et il va au lycée français. On déménage pour se rapprocher de l'école, je change de boulot pour la même raison (et parce que je commence à en avoir un peu marre aussi). Et je trouve une merveilleuse solution pour les après-midis: ne bosser qu'à mi-temps pour pouvoir le récupérer moi-même, je sous-loue une chambre à une étudiante qui va me le récupérer... Solutions coûteuses et pas forcément super pratiques.
3) Pareil que la 2) mais il va à l'école allemande. Là aussi il faut déménager car les écoles du quartier ne sont pas top-top, que le niveau des écoles à Hambourg est le plus bas d'Allemagne. Mais ici, une fois l'école finie (souvent jusqu'à 13h, on est en Allemagne, même si qqs écoles sont toute la journée comme en France), la kita (structure qui regroupe crèche + maternelle + garderie après l'école pour les plus de 6 ans). Mais cela veut dire qu'il fait toute sa scolarité à l'allemande et ça, cela me gênait pas mal.
Alors, j'ai cherché conseil, auprès de S. future maman allemande (cf. l'album "tricots finis) qui habite pas loin, auprès d'AG une amie française, et auprès de Mamilyon. Parce que mon problème principal, c'est d'être seule à prendre cette décision et la scolarité, c'est quand même super important.
Au fur et à mesure de ces discussions, j'ai compris que ce que je cherchais en voulant le mettre à tout prix au lycée français, c'était me garder une porte de sortie direction la France au cas où mais on pourra quand même rentrer en France même s'il est sorti du système scolaire français (et les lycées internationaux/bilingues sont aussi faits pour ça) et puis, je voulais que Paul ait plus ou moins la même scolarité que moi, qu'il planche sur Molière et Racine, que je puisse le suivre en maths, physique comme maman l'avait fait. Mais j'ai fait le choix de vivre ici et je ne veux pas non plus qu'il se sente à l'écart en le forçant à suivre une scolarité française et puis, cela nous ferait faire des sacrifices (principalement financiers) assez énormes car la scolarité + cantine + étude jusqu'à 15h + nounou, c'est hors de prix.
Alors, avec Mamilyon, on a cogité et je me suis dit que si Paul allait à l'école allemande, il irait à la garderie (KITA) et donc serait aider là-bas pour faire ses devoirs. Le week-end, on les ferait tous les deux et il n'y a pas de raison que je ne m'en sorte pas en allemand. Quand il saurait vraiment bien lire en allemand, on apprendrait ensemble en français. Il ne fera pas la même scolarité que moi car il n'a pas la même vie non plus. Et j'ai apprivoisé cette idée. Que mon fils irait à l'école allemande et que moi de mon côté, j'essayerais de transmettre ma culture, pas seulement la langue mais l'histoire (à l'aide Papilyon) et la littérature aussi.
Ce que j'aimerais à moyen terme c'est-à-dire d'ici 2 ans, c'est quitter la ville pour m'installer dans les environs (50kms maxi) car le niveau scolaire est un peu meilleur et que je pense que notre qualité de vie serait meilleure aussi. Hambourg, c'est 1.8 millions d'habitants et 3.5 dans l'agglomération et des cinés, opéra, théâtres... un argument de poids quand je me suis installée. 4 ans après, maman solo avec un petit bout, je sors très peu donc mes priorités ont changé. En se mettant au vert, on pourrrait peut-être avoir un petit bout de jardin et les gens sont un peu plus chaleureux aussi (je le vois au boulot car je bossais avant hors d'Hambourg). Et puis, honnêtement, pour passer mes soirées à tricoter devant la télé ou en écoutant un livre audio, ou alors à bouquiner, j'ai pas vraiment besoin d'habiter en ville, si?!
Oui, je sais, c'est un message ultra-long et très indigeste mais cela m'a fait du bien de mettre cela à plat. Sinon, mes endives au gratin d'hier soir étaient très réussies...!
Crocodiles, poissons et tricot
Quelques courses vendredi soir juste après être passés voir le pédiatre car Paul toussait beaucoup la semaine dernière et comme il a la spécialité des otites (non douloureuses heureusement), j'ai préféré faire vérifier sa gorge et ses oreilles afin de prévenir une éventuelle otite/angine. Petit Paul a été très sage et il va très bien. Pour la peine, il a été mesuré (debout, comme les grands) et pesé: 93 cm et 13kg, càd que depuis sa naissance (il y a 28 mois), il a grandi de 40 cm et un peu plus de 9kg. Pas étonnant que je le trouve grand (et lourd!).
Samedi, comme il faisait tout gris et il pleuvait, nous sommes allés voir les poissons et les crocodiles au Tropen-Aquarium d'Hagenbeck. Nous allons régulièrement visiter les animaux de leur parc mais vu la météo, nous avons préféré rester dedans. Paul et moi y étions allés avec la crèche il y a 6-7 mois et il n'avait pas été très intéressés par les poissons (alors qu'il adore aller au zoo) mais cette fois-ci, il était fou de joie dès que je lui ai dit que nous irions voir les crocodiles et les poissons. Effectivement, cela lui a vraiment beaucoup plu et comme nous étions avec une amie française, c'était aussi très agréable pour moi car je n'étais pas seule à le porter pour qu'il voit mieux, le surveiller (càd lui courrir après) et nous avons pu papoter aussi.
Hier, Brunch en fin de matinée avec son papa puis il est allé voir sa mamie allemande (Oma), comme tous les dimanches. J'en ai profité pour faire un peu de ménage, regarder le DVD "Lost in Translation" loué sur Amazon ("option" non disponible en France, c'est dommage, qu'est-ce que c'est pratique!) et avancer mon tricot. En fin de soirée (une fois Paul couché), une amie est venue passer la soirée avec moi. Nous avons donc papoté et tricoté toutes les deux. C'est la 2e fois que nous passons une soirée/aprèm-tricot ensemble et j'apprécie vraiment même si les Allemands (comme les Britanniques) tricotent complètement différemment de nous (càd en tenant le fil à gauche et non à droite) ce qui est dommage car je ne peux pas vraiment lui demander d'explications. D'ici à ce que j'ai fini les deux gilets, Mamielyon sera arrivée et se fera une joie (hum hum hum!) de les monter!
J'ai entamé la 1e manche du gilet à côtes (dos + 2 devants finis) et le devant droit du gilet bicolore (dos + 1 manche + devant gauche finis). Je suis plutôt fière! Par contre, j'ai du point de croix qui m'attend désespérement mais je n'ai que 2 mains (malheureusement!).
18 janvier 2008
Bonne année & co...
"Bonne année", c'est ce que petit Paul dit à Mamilyon chaque fois qu'il lui parle au téléphone et qu'il alterne avec "Happy Birthday Mamie" chanté avec le ton. Il chante d'ailleurs plutôt juste, ce qui relève du miracle étant donné que ni son père ni moi ne chantons juste; du côté des grands-mères par contre, c'est nettement mieux, cela a dû sauter une génération! "Bonne année" est encore de saison mais pour l'anniversaire, il est un peu en avance (car c'est fin mars) mais c'est trop mignon pour le corriger. La prononciation s'est nettement améliorée, d' "adadé youyou" il y a quelques moi, nous sommes passés à "happy beurdé to you". C'est un peu dommage car son "youyou" était vraiment extra. Idem pour "kika" (coquin) qu'il prononce correctement (coquin) depuis un bon mois,. Ses mots de bébé disparaissent petit à petit et c'est le signe qu'il grandit.
Et je regarde avec fierté et nostalgie mon "petit garçon" (mots qu'il répète souvent quand on lui demande s'il est encore un bébé. "Nein, un petit garçon") devenir grand. Il compte jusqu'à 3: soit "1-2-1", soit "1-2-et trois". Il fait des vrais puzzles à 4-5 pièces seul, il monte et descend de sa chaise avec réhausseur seul. Il joue à la poupée à la crèche, lui faisant des bisous et câlins à profusion. Plus de gigoteuse depuis 3 semaines, du jour au lendemain il n'en a plus voulu (me la montrant et disant "weg" càd "parti"). Et surtout la phrase du moment "moi tout seul" qui me fait gagner un temps fou tous les jours, comme vous pouvez vous en douter, puisque c'est lui qui: enlève seul ses chaussette, sa couche, son manteau + bonnet + écharpe + en partie ses chaussures, veut appuyer sur tous les interrupteurs et boutons marche-arrêt (lumière, aspirateur, lave-linge, MAP, yaourtière) et fait la tête si je le fais (par automatisme).
Le voir grandir si vite ("Mais qu'ont-ils fait de mon bébé?! Je veux qu'on me rende mon bébé": réflexion spontanée quand il a dormi pour la 1e fois avec sa couette et son oreiller) me rappelle ces mots de Khalil Gibran (Le Prophète). A méditer.
Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.
Et pourtant...
J'avais juré qu'on ne m'y reprendrait plus mais l'envie de reblogguer est trop forte. Me revoici mais sous une autre forme. Un peu de Paul, un peu de tricot et de point de croix (même si je n'avance pas très vite) et un petit peu de moi aussi.
A bientôt et au plaisir de vous retrouver!